Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

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« Paysans mutins, paysans demain »- pour une autre politique agricole et alimentaire- éditions Yves Michel

paru le 17 février
en vente dans les bonnes librairies et sur
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Paysans mutins, paysans demain

Gérard CHOPLIN

Pour une autre politique agricole et alimentaire

Préface de José BOVÉ

aux Editions  Yves Michel

Chronique d’un mouvement paysan européen porteur des changements nécessaires de notre politique agricole et alimentaire.

Dans les années 1980, une voix paysanne en Europe s’est levée face au productivisme et à la mondialisation néolibérale des marchés agricoles, dans lesquels les réformes successives de la Politique Agricole Commune se sont inscrites. Il s’agit de la Coordination paysanne européenne[1],

L’auteur, qui en a été l’un des artisans, témoigne  de sa naissance, de son  développement et de ses transformations. de  30 ans de débats, de propositions, d’actions pour une politique agricole juste, durable, solidaire.

Devant les impasses sociales et environnementales actuelles et les interrogations existentielles de l’Union européenne, les paysans mutins d’aujourd’hui sont d’utilité publique.

[1] La Coordination paysanne  européenne est devenue en 2008 la Coordination européenne via campesina

Gérard Choplin, agronome de formation, a joué un rôle moteur dans la construction, le développement et l’animation de la Coordination Paysanne Européenne de 1982 à 2008.
Il est aujourd’hui analyste-rédacteur indépendant sur les politiques agricoles, commerciales et alimentaires.
Il réside à Bruxelles.

Le marché laitier mondial est un piège pour les éleveurs et un pari fatal pour l’Union Européenne

Le marché laitier mondial est un piège pour les éleveurs et un pari fatal pour l’Union Européenne.
André Pflimlin, 13 juillet 2015
lait-
       Depuis quelques semaines on découvre qu’il y a trop de lait, non seulement sur le marché européen mais aussi sur le marché mondial ! Nous l’avions annoncé dès la rentrée de septembre 2014(1) mais le prix du lait était encore trop élevé pour que ce message soit entendu. La contrainte des quotas et le poids des pénalités en Europe du Nord puis une mini sécheresse en Nouvelle Zélande -très bien médiatisée- avaient permis de gommer cette première alerte. Fin 2014, les frigos des laiteries étaient pleins à raz bord mais pour Bruxelles il n’y avait pas de stocks publics, pas d’intervention, donc pas de problème. C’est la Rabobank (le Crédit Agricole des Pays Bas) qui avait annoncé dès le printemps 2015 que le marché mondial laitier serait saturé jusqu’à l’automne, voire au delà. Elle vient de le confirmer fin juin(2) en reportant l’embellie probable à 2016. En effet, en Nouvelle Zélande, les prix des poudres de lait qui stagnaient autour de 1800 à 2000€ la tonne depuis l’été 2014, ont chuté de 5 à 10% le 7 juillet dernier, correspondant à la 8ème baisse consécutive depuis fin mars, alors que la nouvelle campagne laitière vient juste de redémarrer. Mais la production des principaux exportateurs ne s’est pas ralentie. Ni en Nouvelle Zélande malgré un prix du lait à la ferme à moins de 250€ la tonne depuis un an. Ni aux Etats Unis où le prix du lait a baissé nettement moins vite et moins fort et où la nouvelle loi sur la garantie de marge laitière vient de se mettre en place. Ni en Europe, malgré un prix du lait moyen autour de 300€ la tonne ces deniers mois, largement en dessous des coûts de production et masquant les situations les plus dramatiques. Dans les Pays Baltes, particulièrement touchés par l’embargo russe, le prix du lait est inférieur à 200€ la tonne depuis des mois ; ce printemps il était même à 160 –170 €/t en Lituanie pour les éleveurs en coopérative de vente et à 100€ sur le marché libre(3). Cette fois les conjoncturistes européens et français ne nient plus la crise. Le Parlement Européen s’en inquiète, les ministres de l’Agriculture aussi, mais l’Irlandais Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, continue à nier la crise. En espérant un miracle ou peut être une grande sécheresse pour éviter l’explosion à la rentrée de septembre? Plus sérieusement et malgré un discours plus polissé que celui de Mariann Fisher Boel, le nouveau commissaire, après l’intermède dacian Ciolos, s’inscrit parfaitement dans le choix « du tout marché» de la Commission, donc de la « guerre du lait interne et externe» annoncée dès 2009.
        Pour comprendre les vrais enjeux de cette crise, pour ne pas se contenter d’une nième aide ponctuelle arrachée à Bruxelles, il faut prendre un peu de recul, revenir sur les choix stratégiques qui ont été faits il y a plus de 10 ans et dont on constate les effets aujourd’hui, quelques mois après la fin des quotas. Cette note ne fait que résumer et actualiser le message principal de notre livre sur l’Europe laitière publié en 2010, suite à la grève du lait de 2009 et qui dénonçait la double impasse de la politique laitière européenne: le marché libéral et le modèle de production industrielle(4).
       Les risques de cette dérégulation avaient déjà été dénoncés par de nombreuses instances européennes, mais toujours niés par la Commission. Aujourd’hui, c’est l’heure de vérité ; c’est aussi le moment d’expliquer ce qui se passe, pour proposer les vrais changements qui s’imposent.
I. Pourquoi le marché mondial est il un leurre pour les éleveurs européens ?
      Parmi les justifications de la Commission pour la suppression des quotas, l’accroissement de la demande mondiale en produits laitiers était l’un des arguments majeurs, largement repris par les grands groupes laitiers européens privés ou coopératifs. Bloquée par les quotas depuis 30 ans, l’Europe avait perdu des parts de marché au profit de la Nouvelle Zélande qui avait triplé ses exportations. Il fallait donc revenir en force pour reconquérir les marchés asiatiques en pleine expansion, l’eldorado chinois tout particulièrement. Ce discours simple et percutant était rarement étayé par une étude un peu solide, alors qu’il était pourtant bien fragile… Car il ne faut pas confondre l’évolution de la consommation mondiale en produits laitiers à long terme et le marché mondial qui reste marginal et nettement plus chaotique à court et moyen terme.
A. Le marché mondial des produits laitiers reste marginal en volume et surtout en valeur (5)
      La production et la consommation mondiale de lait sont l’ordre de 800 millions de tonnes par an (780 M t en 2013) avec une croissance moyenne de 1.5 à 2% / an, soit +12 à 16 M T / an.
Le marché mondial des produits laitiers ne porte que sur 7% de la production laitière totale soit 55 millions de tonnes équivalent-lait en 2013. Sauf exceptions, c’est un marché de surplus, l’essentiel de la production est autoconsommée dans les pays ou unions de pays.
     C’est un marché avec une croissance moyenne de 3 à 4% par an depuis 2000, soit environ + 2 M t /an mais à forte variabilité entre produits et entre années.
     Les produits industriels standardisés, donc très concurrentiels représentent l’essentiel des volumes (poudres de lait et de lactosérum, beurre et ingrédients divers). Les exportations de fromages ont cependant, progressé plus rapidement sur la dernière décennie, représentant un quart des tonnages en 2013 et nettement plus en valeur. Malgré cela, la majorité des investissements européens récents portent sur les tours de séchage pour faire de la poudre.
Trois exportateurs fournissent plus de 70% du marché mondial. Ils ont des modes de production très différents et plus ou moins sensibles aux aléas climatiques ou aux prix des céréales. Une bonne ou une mauvaise année chez l’un des trois fait chuter ou flamber les prix mondiaux.
La Nouvelle Zélande fait du lait de pâturage, avec des coûts de production très faibles, (<200€/t.) mais la production est très sensible à la pluviométrie (+/-10% = +/- 2 M t /an entre années extrêmes, bien arrosée ou sèche).
      Les Etats Unis font l’essentiel du lait avec du concentré très lié au prix du maïs mais les gros troupeaux hors-sol ont de faibles charges de main d’œuvre et de bâtiments, du fait de l’absence de règles sociales et environnementales dans la plupart des Etats de l’Ouest.
Les pays de l’UE ont des modes de production souvent intermédiaires entre les deux précédents mais avec des troupeaux beaucoup plus petits et des charges nettement plus élevées pour le logement et l’équipement du fait du climat mais aussi des règles environnementales et sociales plus strictes.
      La Nouvelle Zélande exporte plus de 90% de sa production principalement sous forme de poudre et beurre, produits pour lesquels elle couvre un tiers du marché mondial et par conséquent elle y impose ses prix. Pour les USA l’export ne représentait que 5-7 % jusqu’en 2008 contre 10% pour l’UE. Mais c’est un secteur en forte expansion pour ces deux challengers qui veulent gagner des parts du marché asiatique aux dépens de la NZ et de Fonterra, principal fournisseur régional qui y est historiquement très bien implanté et qui dispose d’une matière première bon marché. Ainsi Fonterra, «coopérative» qui a le quasi-monopole de la collecte, de la transformation et des exportations, couvre 90% des importations chinoises en poudres grasses et 50% en poudre maigres, les poudres grasses représentant 75% du total. Par conséquent la lutte pour ce marché chinois s’annonce particulièrement risquée pour les laiteries européennes qui y vont en ordre dispersé.
B. L’alignement du prix du lait en Europe sur le marché mondial se traduit par une volatilité croissante et incontrôlable
     Nous avons vu précédemment que le marché mondial des produits laitiers était très étroit, très sensible aux aléas climatiques et hyper concurrentiel puisque l’essentiel des volumes porte sur les poudres de lait standards, qui de surcroît se stockent et se prêtent bien à la spéculation. En 2014 on a additionné les conditions favorables à la production (prix du lait élevé et alimentation abondante), alors que les marchés chinois et russes se réduisaient brusquement.
     Mais au delà de ces évènements conjoncturels il apparait clairement dans les graphiques de la Commission (6) que le prix du lait à la ferme en Europe est désormais très lié aux cours mondiaux beurre –poudre dont la volatilité est croissante ( graphes 1 et 2) Cet alignement n’est pas cohérent avec le fait que près de 90% de la production est consommée sur notre marché interne sous forme de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée que le beurre poudre du marché mondial ! A qui profite ce différentiel ? Seuls le lait Bio et le lait d’un certain nombre d’AOC-AOP fromagères ne suivent pas le prix du lait mondialisé.
    Cette volatilité du prix du lait n’est pas compatible avec le développement d’une production laitière durable et de qualité, ni avec l’installation des jeunes qui n’ont plus aucune garantie de revenu et qui sont à la merci des banques dès qu’ils prennent le risque d’investir.
     C’est pourquoi il faut dire clairement que la crise de 2015 n’est pas un accident imprévisible mais bien le révélateur des effets de la dérégulation programmée par la Commission, sans nouvelles mesures de sécurisation des revenus. Reprenons les faits pour bien comprendre :
En 2014, année favorable pour le prix du lait et pour les fourrages, la production laitière a augmenté de près de 10 % en NZ, 5 % en UE et 2,4 % aux USA, soit un surplus de lait de plus de 11 millions de tonnes pour ces trois concurrents et dont l’essentiel a été transformé en poudre de lait, soit un surplus de 20% par rapport au marché mondial. Parallèlement la production mondiale ayant augmenté de 20 millions de tonnes, il n’y avait pas de pénurie non plus dans la plupart des autres pays.
      Depuis août 2014, l’embargo russe sur les produits laitiers a fermé un gros marché pour l’UE, notamment sous forme de fromages et beurre représentant l’équivalent de 2 millions de tonne de lait par an. Faute de solution à la crise ukrainienne, cet embargo perdure et ces 2 millions de tonnes viennent s’ajouter aux 11 millions de surplus de production en 2014.
     La Chine a fait des achats massifs de poudre au 1er trimestre 2014, prolongeant les achats déjà importants de fin 2013. Ces très fortes importations ont pénalisé le prix du lait interne qui était monté à plus de 500€ la tonne fin 2013, pour rechuter de 20% au printemps 2014. Cette crise a entrainé de nombreuses cessations, notamment chez les petits producteurs souvent éliminés de la collecte, mais aussi dans les grands troupeaux. Ce qui a justifié une intervention des pouvoirs publics chinois qui misent sur le développement des très grands troupeaux intégrés aux laiteries pour sécuriser leur production laitière (7) A partir du 2ème trimestre 2014 les importations ont été nettement plus modestes et ce jusqu’à l’été 2015. De plus la croissance du pays s’est ralentie dans de nombreux secteurs et la bourse de ShangaÏ vient de perdre 30% ce début juillet. A moyen terme, les importations chinoises de poudre pourraient rester au niveau des années 2011-2012 plutôt que celui du pic 2013-14.
     Face au surplus d’offre et à la réduction de la demande ( Chine et Russie) le prix du lait s’était effondré sur le marché mondial avec une chute de 40% du prix du lait à la ferme en Nouvelle Zélande dès l’été 2014. La chute a été de 30% en Europe de façon plus progressive et plus marquée au Nord et à l’Est. Par contre, aux Etats Unis, le prix du lait est resté élevé jusqu’en fin 2014, du fait d’une demande soutenue en beurre pour le marché interne et pour le Japon.
En 2015 la production s’était ralentie en Europe au cours du 1er trimestre sous l’effet conjugué de la baisse du prix du lait et des pénalités en cas de dépassement du quota, près de la moitié de la production UE étant encore bridée par les quotas. Une mini-sécheresse en NZ avait entrainé une remontée des cours faisant les gros titres des journaux agricoles de mars. « Une hausse spectaculaire qui semble s’inscrire dans la durée ; c’est un mouvement puissant qui laisse présager des cours très élevés au deuxième semestre, après le pic de collecte» pouvait- on lire dans l’Eleveur Laitier de mars 2015. Hélas, l’embellie fut de très courte durée. Un peu de pluie en NZ et depuis la fin des quota, une forte relance de la production dans les pays d’Europe du Nord et du Nord Ouest ont balayé ces prévisions un peu top hâtives. D’où ce nouveau titre dans l’Eleveur Laitier de juillet « Face au rebond de la production, plus personne n’envisage d’embellie»
    En Nouvelle Zélande, la campagne laitière 2014-15 s’est terminée avec une collecte supérieure au record historique précédant et ceci malgré un prix du lait en baisse de 40% et un coup de sec en janvier- février 2015. Avec un coût de production autour de 200€ par tonne, main d’œuvre comprise, les éleveurs néozélandais semblent bien résister à un prix du lait à 240€ la tonne depuis un an.
    Il n’en est pas de même des éleveurs européens dont les coûts de production sont plus élevés et nettement plus variables selon les pays et les systèmes. Ce coût de production moyen 2005- 2010, avant rémunération de la main d’œuvre familiale et des capitaux propres, était de l’ordre de 260€ / t en Allemagne et en France et de 350€ / t au Danemark. Seuls les éleveurs irlandais avec des systèmes herbagers peu coûteux peuvent rivaliser avec les Néo-Zélandais et résister à une chute prolongée du prix du lait. Inversement, la majorité des éleveurs danois, malgré un volume de lait par ferme 3 à 4 fois supérieur, ne peuvent supporter aucune baisse…et travaillent à perte, le plus souvent depuis 2008-2009.
C. Ni le paquet-lait, ni la nouvelle PAC, ne peuvent corriger cette volatilité du prix du lait
    Suite à la crise de laitière de 2009, le conseil des ministres de l’agriculture avait demandé à la Commission de faire des propositions pour éviter de nouvelles crises ou d’en atténuer les effets. Cela s’est concrétisé par le paquet-lait, adopté en 2012, malgré de nombreuses critiques. Ce paquet lait s’est fortement inspiré de l’exemple Suisse qui nous avait précédé, à la fois pour la mise place et pour la sortie des quotas. Six ans plus tard, les études sur ce pays montrent que ni les organisations de producteurs, ni la contractualisation n’ont réussi à limiter la course au volume, ni à enrayer la baisse du prix du lait (de l’ordre de 30%) qui reste cependant supérieur au prix européen. De plus, les aides directes à l’hectare sont restées très élevées (>2000€/ha) (8).
Pour l’UE, ce paquet lait a été adopté de façon très diverse selon les pays de l’UE mais globalement il couvrait moins d’un quart de la production fin 2014. De plus la contractualisation porte sur les livraisons mais sans aucune garantie de prix. Et comme le prix d’intervention officiel a été abaissé à 215€la tonne d’eq-lait, bien en dessous du seuil de survie, les éleveurs laitiers européens réalisent qu’il n’y a plus de filet de sécurité!
Mais la Commission reste ferme sur ses positions:(9)
          Même si tous les indicateurs sont passés au rouge depuis l’été 2014, la Commission Européenne ne veut pas entendre parler de crise, encore moins de remise en cause de la dérégulation du marché laitier européen. Elle dit qu’elle dispose de tous les instruments, pour gérer la situation et que le « paquet lait» doit permettre aux éleveurs de s’organiser pour passer ces périodes délicates. Or les éleveurs ont bien compris que ni les organisations de producteurs ni la contractualisation ne peuvent apportent de garantie de prix face à un marché mondial livré à tous les aléas ; tout d’abord les aléas climatiques de plus en plus fréquents et graves ; la spéculation financière dénoncée mais pas contrôlée mais aussi le dumping social et environnemental, ignoré par l’OMC
        Malgré la mise en place de l’observatoire du marché du lait, la Commission navigue à vue, elle ignore l’état des stocks -considérables fin 2014- car non déclarés par les laiteries. Elle « croit » en l’autorégulation par le prix, et prévoit une croissance faible pour 2015 (1.2%) et même un retour à l’équilibre dès 2016 ! Or plusieurs pays ont accru leurs livraisons de mai de 5 à 10% par rapport au record de 2014 et ce malgré une chute du prix du lait de 30% (10)
       La Commission feint d’ignorer que pour la période 2014-2018, les Etats Unis offrent à leurs éleveurs une réelle garantie de marge sur coût alimentaire dont une partie est couverte par l’Etat. Et que dans ce même pays très libéral, l’Etat pourra acheter des produits laitiers en grande quantité si besoin, pour l’aide alimentaire dont le budget est deux fois supérieur au budget agricole. De même qu’elle semble ignorer que la plupart des grands pays protègent leur marché laitier et leurs producteurs notamment la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Canada et bien d’autres.
         La Commission continue d’être sourde aux critiques récentes sur l’orientation et la gestion de la politique laitière mais aussi sur l’absence d’études d’impact sur les régions d’élevage en zones défavorisées, ultra-périphériques ou de montagne, critiques renouvelées par le Comité des Régions en 2013 et 2015 (11) et par le Parlement européen en ce juillet 2015( 12). Critiques de la Cour des Comptes et du Comité Economique et Social européen que la Commission avait déjà balayées en 2009 au nom de la priorité au marché.
        Tout cela montre que les Instances dirigeantes européennes -Conseil et Parlement d’abord- ont fait un pari déraisonnable, en avalisant les propositions de la Commission, de libéraliser le marché laitier. En devançant les règles de l’OMC –devenue muette depuis- aux dépens des producteurs et sans étude d’impact crédible sur l’emploi, la vie rurale, l’environnement et l’aménagement du territoire mais aussi sur la sécurité alimentaire des Européens. Et ceci malgré les interpellations et les critiques précédentes!
II. Les projets d’ accord de libre échange s’annoncent encore plus destructeurs
       Face à l’enlisement de l’OMC, où les négociations commerciales semblent trop transparentes et démocratiques donc faciles à bloquer, les Etats Unis misent désormais sur les accords bilatéraux plus discrets dont un traité trans-pacifique pour contrôler l’expansion de la Chine, et un traité trans-atlantique pour imposer les normes euro-américaines au commerce mondial. Ces accords visent également la suppression de tous les droits de douane et autres protections non tarifaires, ainsi que l’accès aux marchés publics, dans tous les secteurs.
      Les négociations en cours sur ces accords de libre-échange UE- US montrent que la Commission et le Conseil persévèrent dans la mauvaise direction, en acceptant de discuter de la suppression des droits de douane pour l’agriculture et l’alimentation, ainsi que l’harmonisation des règles sanitaires avec un pays très puissant et bien mieux armé pour ce type de négociation que l’l’UE à 28. L’histoire montre clairement que ce pays a toujours su protéger ses acquis et arracher des concessions aux autres. Demain ce sera le cas pour les OGM, le bœuf aux hormones, la fin des appellations d’origine au profit des marques…
      Ce projet comporte aussi une clause de règlement des litiges Investisseurs-Etats par un arbitrage privé (ISDS) ; clause incompatible avec la souveraineté des Etats. Cependant
la Commission a déjà signé un protocole d’accord du même type avec le Canada (CETA). Concernant la discussion avec les USA (TTIP) le Parlement Européen vient de s’opposer clairement à cette forme d’arbitrage privé discutée par la Commission. Cependant il n’a pas voulu exclure l’agriculture et l’alimentation du projet d’accord avec les Etats Unis.
      L’Europe agit d’ailleurs de même envers les pays d’Afrique de l’Ouest en leur imposant les APE (accords de partenariat économique)(13) qui envisagent aussi la suppression des droits de douane, notamment sur la poudre de lait et l’interdiction d’en remettre, empêchant tout développement de l’élevage laitier dans cette grande zone du Sahel, au risque de la déstabiliser encore davantage au profit des extrémistes d’AQMI et de Boko Haram.
       Et pourtant l’exemple de six pays d’Afrique de l’Est, dont le Kenya et le Rwanda, démontre que l’instauration d’ un droit de douane de 60% sur les importations de poudre de lait depuis 2004 a fait décoller la production laitière à partir des très petits troupeaux, permettant d’envisager l’autosuffisance de ces pays d’ici peu.
      L’Europe serait bien mieux inspirée en envisageant des accords de coopération politique et économique avec les pays du pourtour méditerranéen qui manquent de terre et d’eau pour être autonome en lait mais qui ont du gaz et du pétrole. Ces accords donneraient bien plus de visibilité à nos exportations que de parier sur le marché chinois, donc davantage de sécurité pour nos producteurs, comme pour les populations de ces pays aux portes de l’Europe.
Y a-t-il des gagnants dans cette course à la libéralisation ?
      Outre la finance et les multinationales de l’internet qui ont tout à gagner dans cette libre-mondialisation, le secteur de l’agro-industrie en est aussi un acteur de premier plan.
L’industrie laitière et les IAA d’une façon plus générale ainsi que le commerce sont particulièrement mobilisés pour ces négociations de libre échange, notamment à Bruxelles. Leurs fédérations européennes exercent un lobbying très soutenu auprès de la Commission et du Parlement Européen. D’après CEO(14) le secteur de l’agroalimentaire mobiliserait à lui seul autant de lobbyistes que les tous les autres secteurs industriels réunis.
     L’analyse des marges en France (France agrimer) et en Europe montre clairement que le partage des marges évolue en défaveur des producteurs depuis des décennies. Elle montre aussi que la volatilité des prix est maximale pour les producteurs, intermédiaire pour les transformateurs et faible pour les distributeurs. Car il n’y a qu’une faible répercussion des baisses aux consommateurs. Par conséquent la volatilité du prix du lait est sans risque, voire plutôt bénéfique pour les distributeurs. Il en est un peu de même pour les transformateurs, à un niveau intermédiaire.(15)
     Le fait que 60% du lait européen soit collecté et transformé par les coopératives ne change rien à ce partage des marges et des risques. Les coopératives laitières ayant une plus grande part de poudre de lait dans leur mix-produit que les privés sont mêmes plus exposées aux fluctuations des prix du marché mondial.
     De plus le regroupement au niveau européen, du COPA (syndicats de producteurs) avec la COGECA (coopératives de transformation), empêche toute expression claire et autonome des producteurs. Ainsi le COPA-COGECA a été parmi les premiers à co-signer un plaidoyer en faveur des accords de libre échange. On constate la même confusion de casquettes en France, à la FNSEA.
III. Poser les bonnes questions, respecter les hommes et les territoires
    On ne peut que déplorer l’absence d’études approfondies sur les marchés et les consommateurs de demain prenant réellement en compte les contextes et les cultures. Les grandes instances internationales se contentent de prolonger des tendances en croisant l’évolution de la démographie, de l’urbanisation et du niveau de vie moyen, pour conclure que la demande en produits animaux va doublet d’ici 2050…Et même si la tendance se vérifiait à terme, on ne peut laisser le marché et les traideurs gérer l’ajustement global entre la production et la consommation, sans risque d’émeutes de la faim comme en 2008. Ni la FAO, ni les G 7 ou G 20 n’ont pris d’engagements concrets pour y remédier! Ces instances condamnent la spéculation sur les produits alimentaires, elles reconnaissent qu’il faudrait des stocks publics de régulation pour les aliments de base mais ne font rien pour les mettre en place, ni pour favoriser la souveraineté alimentaire des pays en développement.
     Ce serait à l’Europe de donner l’exemple. Mais à Bruxelles on gère, on règlemente, on contrôle, on négocie âprement des compromis entre les égoïsmes nationaux comme le montrent le cas grec ou celui des migrants. Et la pensée politique, économique et sociale semble soumise prioritairement aux lois du marché et à l’utopie de la concurrence parfaite, qui ignorent et broient les vies humaines !
    De plus pour les études d’impact permettant d’éclairer les choix politiques, les outils de recherche conditionnent souvent les réponses, portant soit sur un champ soit trop large soit trop restreint, sans changement d’échelle pour intégrer les différents niveaux, permettant de vérifier qu’il n’y a pas de contradiction entre les intérêts particuliers et l’intérêt général.
    Les modèles macro-économiques visent à optimiser le « bien être global », donc d’abord celui des consommateurs qui sont les plus nombreux. Mais l’observation des faits va souvent à l’encontre des résultats de simulation. Ainsi, au Canada, malgré un système de quota en place depuis 40 ans et un prix du lait indexé sur le coût de production, les prix des produits laitiers pour le consommateur n’étaient pas différents de ceux des Etats Unis pour la période 2000-2008 (16) De plus dans ces modèles il y a un si grand nombre d’hypothèses et de paramètres qu’une analyse de sensibilité, lorsqu’elle existe, est souvent difficile à interpréter. C’est pourtant sur ce type d’études que se font les choix stratégiques à Bruxelles et à Washington (notamment pour le TTIP).
     Inversement au niveau de la ferme, les analyses de revenu des producteurs de lait européens à travers le RICA risquent de nous enfermer dans une comparaison économique étroite, décontextualisée, toutes choses égales par ailleurs, ne pouvant qu’exacerber la compétition entre régions et pays, du moins si ces études ne s’appuient pas sur une connaissance approfondie des élevages et de leur environnement. Cette compétition encourage inévitablement la course au volume d’un lait standard, sans prise en compte des éleveurs voisins, de la vie rurale, des attentes des citoyens consom-acteurs et de l’ensemble des biens publics associées. Ces derniers n’étant toujours pas chiffrés, ils ne pèsent pas dans les choix actuels, au niveau de la ferme et de la filière.
     Entre ces deux types d’études, il y a comme un vide laissant place aux croyances, et notamment aux vertus du seul marché, telles que prêchées par Mariann Fisher Boel la danoise, commissaire à l’Agriculture chargée de piloter la sortie des quotas laitiers. Aujourd’hui il est évident pour tout le monde qu’elle s’est doublement trompée. D’abord sur l’atterrissage en douceur et l’autorégulation de la production par le marché car en 2015, la majorité des éleveurs continue de produire à perte parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, même s’ils savent très bien qu’il y aura toujours plus compétitif qu’eux sur cet indicateur de revenu partiel et partial. Ensuite sur le modèle de production européen pour conquérir le marché mondial : les éleveurs laitiers danois sont devenus les champions du monde pour la productivité en tonnes de lait par travailleur familial mais les derniers de la classe européenne quant au revenu. Pire encore, bon nombre d’entre eux sont devenus les forçats des banquiers, n’ayant d’autre choix que de continuer à traire de plus en plus de vaches dans une ferme très moderne qui ne leur appartient plus.
Phil Hogan l’irlandais, ne se battra pas pour défendre le modèle danois mais il reste parfaitement dans la ligne libérale et dans la logique de compétition de la Commission, en pensant discrètement que les éleveurs irlandais résisteront plus longtemps que les autres.
     Comme le dit si bien Edgar Morin (17) « Technocratie et Compétitivité sont les deux mamelles de nos sociétés, la première ignore les personnes, la seconde les manipule ».
Conclusion et propositions
     Le pari du marché mondial fait par Bruxelles et par bon nombre de nos laiteries est un jeu de dupes pour les producteurs de lait européens. « Libérer la croissance laitière européenne pour conquérir un marché mondial imprévisible, de plus en plus spéculatif et où tous les coups sont permis, y compris le dumping social et environnemental (18) est un pari indéfendable non seulement face aux éleveurs mais aussi face à tous les citoyens-consommateurs européens.
Mais c’est aussi un risque majeur pour la cohésion de l’Union Européenne. En programmant une compétition sauvage et suicidaire entre éleveurs, entre régions et entre pays d’Europe bien trop hétérogènes, on favorise les exclusions et la montée des extrêmes anti-européens.(19)
    D’où trois propositions de réforme qui dépassent largement le seul secteur laitier:
Il faut d’abord se recentrer sur le marché européen avec des produits à plus forte valeur ajoutée pour l’essentiel de notre production. Il faut aussi négocier des accords pérennes avec nos voisins du sud de la Méditerranée pour des volumes et de prix semi-garantis du type « lait contre gaz+pétrole» Ils sont déjà nos clients et partenaires les plus importants, bien au-delà du secteur agricole.
     ll faut dire non, très clairement, aux accords de libre échange UE-US et Canada pour les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation mais aussi dire non aux APE pour permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest de développer leur production laitière et non pas les noyer avec nos surplus et des accords commerciaux à courte vue.
    Il faut revenir sur les choix politiques et stratégiques initiés par la Commission depuis deux décennies et qui perdurent malgré un contexte mondial très différent, de plus en plus imprévisible : terrorisme, migrants, chômage, insécurité alimentaire, finance folle et surendettement des Etats, épuisement des ressources naturelles et changement climatique.
     La Commission étant sourde à toute initiative en faveur de la souveraineté européenne, cette réorientation politique devra être portée par le Parlement Européen, élu par les peuples d’Europe et devant en rendre compte.
André Pflimlin, 13 juillet 2015
Auteur de : Europe laitière, valoriser tous les territoires pour construire l’avenir ; Editions France Agricole 2010
Ancien ingénieur à l’Institut de l’Elevage. Expert Lait auprès du Comité des Régions à Bruxelles.
Références :
(1) Alerte rouge sur l’Europe laitière? A. Pflimlin 16 09 2014
(2) More milk than market; Rabobank’s latest dairy outlook 22. June 2015
(3) Milk-news; EMB bulletin juillet 2015
(4) Europe laitière ; valoriser tous les territoires pour construire l’avenir; A. Pflimlin Ed. France Agricole 2010
(5) Marché mondial, Produits laitiers, Institut de l’Elevage ,N°447 Juin 2014, N°458, Juin 2015
(6) http://www.European Milk Market Observatory
(7) Chine_Abcis, février 2015
(8) La sortie des quotas laitiers en Suisse ; JC Kroll, revue Chambres d’Agriculture N°1043, mai 2015
(9) Intervention de B Missonne DG AGRI au Comité des Régions les 27 11 2014 et 16 04 2015
(10) L’Eleveur laitier, N° 237, Juillet-août 2015
(11) L’avenir du secteur laitier, Avis du Comité des Régions, R. Souchon 16 04 2015
(12) Rapport sur la mise en œuvre du «paquet lait» J. Nicholson, Parlement Européen, 7 07 2015
(13) APE : cet accord doit encore être ratifié par le Parlement Européen et par les Pays d’Afrique de l’Ouest
(14) TTIP: A loose-loose deal for food and farming; Corporate Europe Observatory, July 8. 2015
(15) Fin des quotas laitiers européens: une nouvelle ère pour la filière française; P Raso, G Rippe-Lascourt, Panorama, 2015
(16) La filière laitière au Canada : un modèle de régulation exportable ? Institut de l’Elevage, DEE 395, nov. 2009
(17) La Voie ; E Morin Edition Fayard. 2011
(18) La filière laitière aux Etats Unis : restructuration et délocalisation accélérées. Institut de l’Elevage,
DEE N°378b, Juin 2008
(19) L’alerte anti Europe pourrait être salutaire ? A Pflimlin, Forum & Debats ; La Croix 23 06 2014

Après la réforme de la PAC, … alors…. on danse ?

Exposé introductif au débat public entre 4 futurs probables députés européens belges[1]

  Halle de Han[2] (province de Luxembourg, Belgique),  21 mars 2014

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Bonsoir à toutes et tous.

Dans ce très beau marché fermier de Han, savourons d’abord les bonnes nouvelles :

1)    La première bonne nouvelle, c’est que nous sommes dans l’année internationale de l’agriculture familiale. Il était temps…..

2)     La deuxième bonne nouvelle, c’est que la Politique Agricole Commune de l’Union Européenne, qui vient d’être réformée pour les 6 ans à venir est, je cite la Commission Européenne dans son communiqué de juin dernier, « plus équitable, plus verte, plus efficace, plus transparente, et renforce la position des agriculteurs au sein de la chaîne alimentaire. »

Alors, tout va bien ? ………… Alors… on danse ?

Non… ? Tout ne va pas bien ?……

La réalité, c’est que l’agriculture familiale  disparaît.

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Moins 63%  ces 30 dernières années en Wallonie, où la surface moyenne des exploitations a été multipliée par deux.

La réalité, c’est que jamais on n’a vu autant de films sur le malaise paysan, sur les impasses du modèle agro-industriel, sur les alternatives. Et ils remplissent les salles, à la campagne comme à la ville. Pourquoi ?

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La réalité c’est que la majorité des agriculteurs en Europe ne sont plus très jeunes et n’ont pas de remplaçant(e)s. En Allemagne + Pays-Bas, 67% des agriculteurs de plus de 50 ans n’ont pas de successeur.

Devenir paysan est trop risqué en termes de revenu – sans oublier que le difficile accès à la terre plombe bien des envies.

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La réalité, c’est que, à un an de la fin programmée des quotas laitiers, et malgré une remontée des cours du lait, la plupart des producteurs vendent encore à perte. Alors quand il n’y aura plus de quotas, quand il n’y aura plus de marché russe, faudra-t-il produire plus et travailler plus, pour gagner moins ?

L’exemple de la Suisse, qui a abandonné les quotas en 2009, montre que la production laitière familiale est en danger. Des zones entières de production herbagère de lait risquent de disparaître. Et la nouvelle PAC n’empêche pas la création d’usines à lait de 1000 vaches et plus.

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Plus de voisins ou plus d’hectares ?

La réalité, c’est que la PAC, ancienne et nouvelle, préfère primer les hectares.

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En 2012, 84% des aides PAC sont allées à seulement 20% des exploitations. Cette très forte inégalité, que la nouvelle PAC diminue certes un petit peu, est un moteur puissant de concentration de la terre dans des exploitations de plus en plus grandes et accélère la disparition de l’agriculture familiale.

La réalité, c’est que malgré le scandale de la vache folle, de la dioxine, de la viande de cheval, de la résistance aux antibiotiques, et malgré le verdissement, la nouvelle PAC ne va pas freiner le développement de grands élevages industrialisés, dont les externalités négatives sur le plan social et environnemental sont payées par le contribuable.

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La réalité, c’est que l’UE, représentée par la Commission Européenne, sort de la 4e de négociation avec les USA pour un accord commercial transatlantique, où l’agriculture familiale ne semble pas être le modèle de référence.

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Mais la réalité, c’est aussi que les circuits courts et les marchés fermiers se multiplient, que des jeunes commencent à initier des ceintures maraîchères autour et dans les villes, que la négociation transatlantique mobilise les citoyens, que la résistance de la population européenne contre les OGM continue, que le rapporteur pour le droit à l’alimentation à l’ONU Olivier de Schutter appelle à un changement profond des politiques agricoles et commerciales,…..

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Alors l’année 2014 peut être une opportunité pour mettre en avant les solutions aux défis alimentaire, social, environnemental, climatique et de santé publique auxquels nous devons faire face.

Alors…. alors on change ?

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3 Questions à nos candidats au Parlement Européen

–         Les paysans sans terre existent aussi en Belgique. Que proposez-vous pour faciliter leur accès à la terre ? La Belgique va-t-elle mettre en œuvre les recommandations FAO de 2012 sur l’accès à la terre [3]?

pas de terres sans

–         Le port d’Anvers reçoit chaque année des millions de tonnes de soja. La réforme PAC n’a pas imposé de rotation obligatoire des cultures incluant des protéagineux, qui pourraient remplacer ce soja. Que proposez-vous pour réduire la dépendance européenne vis-à-vis du soja ?

Question subsidiaire pour départager les candidats : au cas où un sous-marin – peut-être chinois – viendrait bloquer le trafic maritime dans la Manche, combien d’heures de réserve de soja y a-t-il dans le port d’Anvers pour approvisionner les élevages intensifs ?

soya

–         Les paysans africains restent souvent empêchés de produire eux-mêmes à cause d’importations à bas prix de l’UE, comme la télé ZDF[4] vient de le montrer à propos des pattes et ailes de poulet congelées exportées à très bas prix au Liberia. Or cette volaille a été nourrie en Europe avec  des céréales dont les producteurs ont bénéficié de subventions PAC. Le dumping continue donc, même avec les aides découplées. Que proposez-vous ?

souvalim

Je vous remercie de votre attention

Gérard Choplin

 

Voir le reportage video de TVlux sur la conférence

http://www.tvlux.be/video/debat-quelle-agriculture-en-europe-pour-demain-_15887.html

 

[1] M. René LADOUCE (MR), (MR), Ancien Président de la FWA (Fédération Wallonne de l’Agriculture) – M. Philippe LAMBERTS (Ecolo), Candidat à l’Europe, Député européen (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) – M. Claude ROLIN (CdH), Candidat tête de liste à l’Europe – M. Marc TARABELLA (PS), Candidat à l’Europe, Député européen (Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen)

[2] http://www.halledehan.be/, https://www.facebook.com/halledehan?fref=ts

[3] http://www.fao.org/nr/tenure/voluntary-guidelines/fr/

[4] http://zoom.zdf.de/ZDF/zdfportal/programdata/befc0476-9f54-36cb-bcb9-43012ec8ac62/20279345?doDispatch=1

 

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Conférence PAC le 5 décembre à Bruxelles

Conférence PAC le 5 novembre à Bruxelles

Conférence-débat : Politique Agricole Commune : Quels impacts pour les pays du Sud ?

La revue Défis Sud de SOS Faim vous éclaire sur le sujet jeudi 5 décembre – 18h30 à l’ULB (Salle Spaak) à l’occasion de sa conférence annuelle.
Deux experts interviendront sur le sujet :
 Tomás García Azcárate : Economiste agricole auprès de la Commission européenne et Professeur à l’ULB
 Gérard Choplin : Consultant agricole européen

Consulter la Revue Défis Sud sur le sujet
http://www.sosfaim.be/pdf/publications/defis_sud/115/defis-sud-pac-complet.pdf
avec une interview croisée de Tomas Garcia Azcarate et Gérard Choplin

Forum Nyeleni Europe: la souveraineté alimentaire, une réponse européenne à la crise!

2011-communique-forum-nyeleni-europe

LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE EN EUROPE MAINTENANT! Déclaration du Forum Nyeleni Europe

2011-declaration-forum-nyeleni-europe

L’option MANQUANTE de la Politique Agricole Commune d’après 2013

 Réseau  FOODSOVCAP

En novembre 2010, la Commission Européenne a présenté un document[1] présentant les objectifs et plusieurs scénarios pour la Politique Agricole Commune de l’UE pour la période 2014-2010.

Ce document contient trois options pour une future Politique Agricole Commune, qui sont résumés comme suit :

  1. Ajustements progressifs de la PAC actuelle, avec plus d’équité dans les paiements entre les États Membres.
  2. Une réforme de la PAC avec des mesures plus ciblées visant à faire du soutien à l’agriculture une politique plus équilibrée et durable, conforme aux « objectifs Europe 2020 d’une croissance intelligente, durable et inclusive. »
  3.  » S’éloigner progressivement d’une aide au revenu et de la plupart des mesures de marché » et en concentrant la future PAC sur les objectifs en terme d’environnement et de changement climatique en développant une politique de développement rural.

 La Commission Européenne a clairement indiqué qu’elle est en faveur de l’option 2. Le moteur principal de cette option est la recherche de la compétitivité au niveau mondial de l’agriculture européenne. Elle a pour but de s’assurer que les prix des produits agricoles de base produits en Europe sont suffisamment bas pour permettre à l’industrie agroalimentaire et exportatrice européenne d’être compétitive sur le marché alimentaire mondial.

Nous, les organisations signataires de ce document, ne sommes en faveur d’aucune des options proposées par la Commission. Il existe une quatrième option -une option MANQUANTE –qui est proposée dans ce document.

 Cette option place les objectifs suivants au cœur de la future PAC : accès à une alimentation saine pour tous, des revenus stables et justes pour les agriculteurs, des prix stables et justes pour les consommateurs, des formes de production écologiquement durables, une diminution des émissions de gaz à effet de serre (réchauffement climatique) et une réduction de l’utilisation d’énergies fossiles, et la fin de la destruction des marchés intérieurs pour les producteurs locaux dans les pays du Sud à cause des pratiques de dumping.

 Cette option est mise en avant  par un nombre croissants de mouvements sociaux et d’organisations de la société civile en Europe. Cette option répondra réellement aux défis d’aujourd’hui en terme d’alimentation et d’agriculture – en Europe et dans le monde. De plus, cette option nécessitera un budget moindre que celui de la politique actuelle et que les options proposées par la Commission.

 La quatrième option place la planète et les personnes avant le profit et la solidarité avant la compétitivité.

Nous croyons que la politique alimentaire et agricole européenne doit être une politique publique forte,

avec la fourniture d’une alimentation saine de bonne qualité, la durabilité et l’équité comme valeurs centrales.

  1. OBJECTIFS : Que doit accomplir la future Politique Alimentaire et Agricole Commune ?

                                La future Politique Alimentaire et Agricole Commune :

     1. considère l’alimentation comme un droit humain universel, et non simplement comme une marchandise ;

     2. fixe comme priorité de produire l’alimentation humaine et animale pour l’Europe et de changer le commerce international agricole en le gouvernant avec équité, justice sociale et durabilité environnementale ;  la PAC ne doit pas porter tort aux systèmes agricoles et alimentaires des autres pays ;

 3. promeut des modes alimentaires sains, en se dirigeant vers des régimes basés sur les végétaux et une consommation moindre de viande, de graisses saturées, de produits riches en énergie et de produits hautement transformés, tout en respectant les modes alimentaires culturels et les traditions populaires ;

 4. donne la priorité au maintien de l’agriculture avec des paysans nombreux sur tout le territoire européen, qui produisent l’alimentation et maintiennent le paysage ; cela n’est pas réalisable sans des prix agricoles justes et sûrs, qui doivent permettre un revenu décent pour les paysan(ne)s, les salarié(e)s agricoles et des prix justes pour les consommatrices et consommateurs ;

 5. assure des conditions justes et non discriminatoires aux paysan(ne)s d’Europe centrale et orientale, et soutient un accès juste et équitable à la terre

 6. respecte l’environnement global et local, protège les ressources finies du sol, de l’eau, accroît la biodiversité et respecte le bien-être animal;

 7. garantit que l’agriculture et la production alimentaire restent libres d’OGM, encourage les semences paysannes ainsi que la diversité des espèces domestiques et des cultures alimentaires ;

 8. cesse de promouvoir l’utilisation et la production d’agro-carburants industriels et donne la priorité à la réduction du transport en général ;

9. assure la transparence tout au long de la filière alimentaire, de telle sorte que les citoyens sachent comment leur alimentation est produite, d’où elle provient, ce qu’elle contient et ce qui est inclus dans le prix final ;

 10. réduit la concentration de pouvoir dans la transformation et la distribution alimentaire et son influence sur ce qui est produit et consommé, et promeut des systèmes alimentaires qui raccourcissent la distance entre paysans et consommateurs ;

 11. encourage la production et la consommation de produits locaux, de saison, de haute qualité, reconnectant les citoyens avec leur alimentation et les producteurs ;

 12. engage des ressources pour enseigner aux enfants les compétences et les connaissances essentielles pour produire, préparer, et apprécier une alimentation saine et nutritionnelle.

 Plus de 350 d’organisations de la société civile en Europe soutiennent ces objectifs et principes, qui ont été décrits dans la Déclaration Alimentaire Européenne lancé en mars 2010.

  1. LES INSTRUMENTS : Comment atteindre ces objectifs et appliquer ces principes ?

 Pour pouvoir atteindre les objectifs politiques mentionnés ci-dessus, les divers instruments et mesures suivants sont nécessaires. A l’heure actuelle il est suffisant de définir les grands éléments et directions de la future Politique Agricole et Alimentaire Commune.  Nos propositions sont liées à une étude indépendante faite par des scientifiques (la plupart économistes) provenant de plusieurs pays européens.[2]

 Régulation de la production et des marchés agricoles

Les objectifs mentionnés ci-dessus ne peuvent être atteints que grâce à des prix stables et non pas suivant le scénario actuel de forte volatilité des prix agricoles dûs aux politiques de dérégulation de ces dernières décennies. Contrairement à la proposition de la Commission Européenne, nous proposons de renforcer les mesures de gestion du marché et de les placer au centre de la future Politique Alimentaire et Agricole Commune.

 Pour maintenir une agriculture paysanne durable, les paysan(ne)s – d’abord et surtout – doivent être rémunérés avec des prix justes et stables qui couvrent le coût moyen de production. Pour y parvenir, les instruments combinés suivants sont nécessaires :

  • une gestion publique de l’offre pour équilibrer l’offre et la demande en aliments de base et éviter des surplus structurels. Cela empêchera les prix de fluctuer de manière excessive. Divers instruments adaptés aux différentes productions doivent être développés.
  • une gestion des importations agricoles pour éviter les importations à un coût inférieur au coût de production moyen européen[3]. Cela devrait être lié à l’interdiction du dumping sous toute ses formes[4].

Réguler les marchés agricoles européens avec ces instruments permettra aux agriculteurs d’obtenir des prix agricoles plus justes et stables. Par conséquent cela diminuera également les dépenses liées aux revenus des agriculteurs, étant donné que les agriculteurs obtiendraient leurs revenus avant tout par le marché plutôt que par les paiements directs.  Actuellement, les agriculteurs européens obtiennent en moyenne 40% de leurs revenus par les paiements directs (environ 39 millions d’euros du budget de l’UE), ce qui subventionne la « compétitivité » sur le marché mondial de l’industrie agroalimentaire et d’exportation européenne, en assurant un prix bas pour les produits agricoles de base. Les paiements directs actuels sont donc d’une part une subvention indirecte pour l’industrie alimentaire européenne et d’autre part, dans le cas des exportations, une subvention indirecte des exportations, empêchant les communautés rurales des pays en développement d’avoir accès à leur propre marché.

Au niveau international, l’Union Européenne doit remettre en question les règles commerciales internationales actuelles et les placer dans un cadre de souveraineté alimentaire, où l’engagement à stopper toute forme de dumping est liée au droit pour chaque pays ou union de se protéger contre des importations à bas coût. Pour éviter  une possible insécurité alimentaire au niveau mondial et éviter la spéculation alimentaire, des stocks opérationnels régionaux devraient être autorisés, y compris des stocks au niveau européen, particulièrement pour les céréales.

 Maintenir l’agriculture dans toutes les régions

  • Les prix agricoles dans l’UE doivent être basés sur les coûts de production moyens (voir A). Pour maintenir les exploitations agricoles dans les zones défavorisées, qui ont des coûts de production plus élevés, des fonds publics sont nécessaires pour couvrir la différence entre le coût réel de production et le coût moyen européen de production. Le niveau de soutien public pour ces exploitations doit varier selon la différence mentionnée ci-dessus entre le coût réel de production et le coût moyen de production.
  • Pour les exploitations qui ne produisent que des petites quantités mais fournissent des bien publics importants et ont un rôle multifonctionnel dans le monde rural, un soutien public supplémentaire devrait être apporté.

Ce soutien public devrait être fourni sous forme de paiements directs. Pour maintenir l’agriculture dans toutes les régions, des mesures promouvant l’agriculture comme étant une profession attractive pour les jeunes sont également nécessaires.  Les mesures précédentes doivent être complétées par la création de systèmes de régime foncier et financier dans tous les états membres qui permettraient aux jeunes de devenir et rester actifs dans des activités agricoles. En effet un nombre croissant de jeunes s’intéressent à l’agriculture mais n’ont pas accès à la terre, en location ou en propriété.  

 Une chaîne alimentaire juste et transparente

Actuellement, la chaîne alimentaire est de plus en plus dominée par quelques sociétés transnationales agricoles et alimentaires, ainsi que par des supermarchés. Ils déterminent de plus en plus les prix pour les agriculteurs et les consommateurs. Pour réduire le pouvoir de ces acteurs, ainsi que pour démocratiser la chaîne alimentaire, les instruments suivants sont nécessaires :

  • Des lois contraignantes qui assurent la transparence de la répartition de la valeur ajoutée au long de la chaîne alimentaire.
  • Un soutient proactif pour les initiatives promouvant des alternatives locales et durables qui redonnent le contrôle de la chaîne alimentaire aux agriculteurs et aux consommateurs, telles que les coopératives, la vente directe, des chaînes alimentaires locales ou régionales,.. pour n’en citer que quelques unes.
  • Des mesures de régulation pour limiter le niveau de concentration dans la chaîne alimentaire au sein d’un pays, au niveau européen et également au sein des différents secteurs de la chaîne alimentaire (des semences aux supermarchés).
  • Des règles pour la sûreté alimentaire et l’hygiène qui permettent, soutiennent et promeuvent la transformation alimentaire locale à petite échelle.
  • Dans chaque Etat Membre un salaire minimum pour les travailleurs agricoles doit être établi pour s’assurer que les travailleurs agricoles obtiennent une part équitable de la valeur ajoutée. Les mêmes droits pour tous les travailleurs agricoles et les migrants doivent être garantis.

2. Un système alimentaire et agricole européen durable

Les formes de production actuelles de production alimentaire, hautement industrialisées, en Europe ont des effets négatifs considérables pour les personnes et l’environnement tels que des risques sanitaires plus importants, l’augmentation du réchauffement de la planète, la pollution terrestre et aquatique, parmi tant d’autres. Le grand public porte désormais le fardeau des externalités de ce modèle de production.

Pour pouvoir fournir à chacun une nourriture saine, protéger l’environnement, respecter le bien-être des animaux, garantir la production et la consommation de produits locaux, saisonniers, de bonne qualité, réduire le transport, garantir une agriculture sans OGM et promouvoir la biodiversité, les modèles de production actuels dominants doivent se transformer en méthodes agricoles socialement et environnementalement durables. Les mesures suivantes sont nécessaires :

  • Les formes de production agro-écologiques doivent être définies comme étant la norme de production au sein de l’UE. Toutes les exploitations devront se soumettre à des normes de basse utilisation d’intrants et faibles en énergie qui améliorent la biodiversité, le bien-être animal et encouragent d’autres pratiques durables telles que, entre autres, des systèmes de pâturage.[5]
  • Pour parvenir à effectuer cette transition, il est nécessaire d’avoir un mélange de soutien public pour la pratique des normes mentionnées ci-dessus avec des taxes progressives pour les modèles non agro-écologiques qui sont responsables des effets sociaux et environnementaux et de leurs externalités. De telles taxes comprendraient les coûts externes de cette forme de production dans leur prix pour refléter son coût réel. Un prix plus élevé pour des aliments produits de manière non-durable encouragerait les pratiques durables.
  • Des règles de passation des marchés publics garantirait l’acquisition d’une alimentation produite de manière socialement et écologiquement responsable par les institutions publiques telles que les écoles, hôpitaux, ainsi que par d’autres programmes tels que le programme d’aide alimentaire européen etc. Progressivement, toutes les institutions publiques devraient se procurer leur alimentation dans des exploitations locales agro-écologiques. L’expérience des institutions publiques se procurant du café commerce équitable etc, prouve que cela est possible.
  • des programmes et des règles contraignantes pour protéger les semences en tant que patrimoine de l’humanité, qui garantissent les droits des agriculteurs et des éleveurs, fournissent des fonds pour la mise en place et l’entretien de banques publiques de semences et d’espèces, ainsi que la recherche visant à améliorer la biodiversité européenne.
  • des réglementations qui interdisent les OGM dans l’agriculture et l’agroalimentaire, y compris les expérimentations en plein air et la fin du financement public pour développer ce domaine.

En plus de mesures pour changer le modèle de production alimentaire, des mesures pour promouvoir les modes d’alimentation sains et durables et pour renforcer les cultures alimentaires locales sont nécessaires. Les premiers éléments pour aider à promouvoir des modes d’alimentation durables sont les suivants :

  • Des initiatives éducatives pour regagner et construire des compétences et des savoirs-faire pour produire, préparer et apprécier une alimentation saine produite localement. Par exemple, des jardins écoles et des programmes agricoles pour familiariser les enfants à la culture et à la préparation d’aliments cultivés localement ou provenant directement du potager.
  • L’éducation agricole devrait être disponible pour tous les citoyens et pour promouvoir un système socialement et écologiquement durable basé sur les objectifs et instruments ci-dessus.
  • Un soutien aux initiatives qui promeuvent activement et accroissent la culture d’aliments sains et locaux et facilitent les systèmes de distributions vers tous les secteurs de la société, en particulier les plus marginaux, directement des agriculteurs aux consommateurs.

D. Règles pour les paiements directs

Dans cette quatrième option, les paiements directs joueront un rôle beaucoup moins important que dans la politique actuelle, étant donné que la plus grande partie des revenus proviendra du marché grâce à des prix agricoles stables et justes. Cette option n’aura pas seulement des avantages pour les personnes et l’environnement, mais elle sera également moins chère pour les contribuables. Comme cela a été expliqué ci-dessus, des paiements directs seront encore requis dans le futur. En plus des règles mentionnées dans le point A, ils seront liés au respect de critères supplémentaires tels que :

– le nombre de personnes actives dans l’exploitation

–  un niveau maximum de paiements directs par actif

– le respect des règles environnementales et sociales décrites dans le paragraphe C.  

E. Politique rurale

Une politique de développement rural devrait compléter la politique agricole MAIS non pas la remplacer, comme cela a été proposé dans l’option 3 de la Commission Européenne. Il existe des besoins spécifiques dans les zones rurales qui doivent être pris en charge par un financement public, tels que des investissements dans l’infrastructure, des programmes d’emplois pour la diversification des économies locales, un soutien aux capacités agroalimentaires de petite échelle, et développement et maintien de services publics ruraux. Il devra y avoir un débat pour savoir si ceci devra être cofinancé par le budget de la PAC ou par d’autres politiques régionales de l’UE.

 Premiers signataires : 25/01/2011 :

Africa Europe Faith & Justice Network( AEFJN) Be
Afrika Europa Netwerk , Pays-Bas
Amigos de la Tierra Espagne
ASEED Europe,Pays-Bas
Associazione Rurale Italiana, Italie
Attac Autriche
ATTAC ESPAÑA, Espagne
ATTAC France

Austrian Platform for Food Sovereignty, Autriche
Eco Ruralis Association, Roumanie
European Coordination Via Campesina, Europe
Food & Water Europe
Friends of the Earth Chypre
Friends of the Earth Europe
FUGEA / Belgian farmers organisation, Be
Gert Engelen, Vredeseilanden, Belgique
MIJARC ,Europe
Nederlandse Melkveehouders Vakbond, Pays-Bas
Norwegain farmer and small holder union, Norvège
NOUSUD, España, Espagne
Supermacht, Pays-Bas
XminY Solidarity Fund, Pays-Bas

 [1] voir http://ec.europa.eu/agriculture/cap-post-2013/communication/com2010-672_fr.pdf

[2] « Propositions pour une Nouvelle politique européenne Agricole et Alimentaire qui relève les défis de ce siècle », Juin 2020, par Jean Marc Boussard, ancien Directeur de l’Institut français pour la Recherche Agronomique (INRA) et Aurélie Trouvé, professeur à l’Institut National Supérieur des Sciences Agronomiques de l’Alimentation et de l’Environnement (AgroSup Dijon), entre autres. Les auteurs, co-auteurs et signataires sont 21 scientifiques (la plupart économistes) originaires de 7 pays européens. L’étude et ses annexes sont disponibles à l’adresse suivante http://www2.dijon.inra.fr/esr/pagesperso/trouve/

[3] Y compris pour les protéines de plantes utilisées pour l’alimentation des animaux : l’UE importe 75% de ses besoins, surtout du soja, avec un impact négatif en Amérique Latine et en Europe. Les protéines de plantes peuvent être produites en Europe.

[4] L’exportation des produits alimentaires européens à des prix inférieurs au coût européen de production.

[5] Nous recommandons également la culture de légumineuses en alternance ou mélangées à de l’herbe au lieu d’utiliser des engrais à base de nitrate (les cultures de légumineuses fixent l’azote dans le sol); l’élevage laitier dans des pâturages plutôt que de les nourrir avec des aliments pour animaux importés; l’agroforesterie;  soutenir les systèmes de productions extensifs pour le porc et la volaille, tel que des systèmes en plein-air, de préférence avec un accès vers l’extérieur etc.