Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

Archives de la catégorie ‘agriculture familiale’

L’industrie laitière européenne lorgne sur l’Afrique de l’Ouest

Oxfam Solidarité et SOS Faim ont mené une étude sur la présence des entreprises laitières européennes en Afrique de l’Ouest, leurs ambitions et leur impact sur la production locale.

Actuellement, l’Europe produit trop de lait par rapport à la demande et ses excédents ont fortement augmenté depuis 2015, suite à l’abandon des quotas de production. Cette situation pousse les grandes firmes européennes à conquérir d’autres marchés et l’Afrique de l’Ouest représente une belle opportunité pour ces entreprises.

Une bonne partie du lait consommé en Afrique de l’Ouest est importé

L’Afrique de l’Ouest connaît une demande en produits laitiers en constante augmentation. Or elle ne produit localement qu’une faible partie de sa consommation. En cause ? Le lait en poudre importé d’Europe. Faute de politiques adéquates, d’unités de conservation, de moyens de transformation et de circuits de commercialisation, les producteurs africains ne sont pas armés pour concurrencer le lait européen qui se vend moins cher et qui est pourtant moins riche en nutriments que leur lait local.

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Quel avenir pour les grandes firmes européennes en Afrique ?

L’industrie laitière européenne l’a bien compris : il y a en Afrique de l’Ouest des marchés en croissance. Les grandes firmes laitières européennes y marquent déjà leur territoire, mais comment voient-elles l’avenir ?

Les Accords de partenariat économique (APE) entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest, vont-ils, s’ils sont ratifiés, leur faciliter la tâche ? Il s’agit là d’un des pôles de la bataille mondiale en cours pour le lait entre les multinationales laitières, privées ou coopératives.

Dans ce contexte, quelle sera la place de la production laitière agropastorale ouest africaine ?

La production va-t-elle s’industrialiser autour des grandes villes ? Dans une situation de volatilité des prix, avec actuellement une surproduction mondiale et des prix bas, la volonté de certains gouvernements ouest-africains de développer des filières laitières locales va-t-elle résister à l’appétit des grandes firmes laitières européennes qui lorgnent sur l’Afrique ?

Télécharger l’étude: etude-lait-fr

 

SOS Faim soutient les producteurs de lait sénégalais

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Au Sénégal, le lait en poudre importé massivement d’Europe menace la sécurité alimentaire des petits producteurs qui n’arrivent plus à vendre leur lait sur les marchés locaux car ils ne sont pas armés pour concurrencer le lait européen. SOS Faim leur apporte une aide technique, financière et organisationnelle afin de leur donner les moyens d’affronter cette situation. Pour en savoir plus, découvrez notre article dédié aux éleveurs sénégalais.

2014, année internationale de l’agriculture familiale : mise en scène ou opportunité ?

2014, année internationale de l’agriculture familiale :
mise en scène ou opportunité ?

Le 22 novembre dernier, a été lancée l’année internationale de l’agriculture familiale et le Commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos a organisé une conférence internationale à Bruxelles le 29 novembre. Pendant ce temps le Commissaire au commerce extérieur Karel De Gucht préparait ses valises pour la réunion ministérielle de l’OMC à Bali. Là-bas, pas question d’agriculture familiale, mais plutôt d’exportations, d’importations, d’accès au marché,….. Alors mettre en lumière l’agriculture familiale pendant un an, est-ce une mise en scène ou une opportunité ?

Les règles actuelles du commerce international agricole et des politiques agricoles contribuent à la disparition de l’agriculture familiale.
En avril 2014, la signature de l’accord GATT de Marrakech, qui a défini les règles actuelles du commerce international et créé l’OMC, aura 20 ans. Cet accord a déterminé depuis les politiques agricoles, et il a fait de l’importation/exportation leur priorité, au détriment du commerce local/régional et de l’agriculture familiale. Entre 2003 et 2010, l’UE a perdu 20% de ses exploitations agricoles (3 millions), pour la plupart des exploitations familiales (http://www.eurovia.org/spip.php?article518)

Un accord de « partenariat » transatlantique favoriserait-il l’agriculture familiale ?
En s’engageant dans la négociation d’un accord transatlantique avec les USA, l’Union Européenne pense-t-elle pouvoir orienter l’agriculture US vers un modèle d’agriculture familiale ? Ou bien ne craint-elle pas plutôt l’inverse ? Accepter le lavage des poulets au chlore pour tuer les bactéries issues des grands élevages hors-sol est de mauvaise augure pour l’agriculture familiale…….
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L’année internationale de l’agriculture familiale ne sera qu’une mise en scène
• Si on s’entête à négocier des accords commerciaux qui la tuent,
• Si elle consiste à éclairer une dernière fois ce que l’on détruit (comme avant la mise en eau des barrages), en gardant juste une vitrine de bons produits issus de l’agriculture familiale, dont raffole la nomenklatura néolibérale, qui s’enrichit par ailleurs de sa disparition.
• si elle ne remet pas en cause l’industrialisation de la production agricole, qui ruine l’agriculture familiale . A ce titre, la réforme de la PAC de l’UE qui vient d’être adoptée ne va pas freiner le développement des grandes usines à porcs, poulets, œufs, lait, etc…, ainsi que des grandes serres industrialisées de légumes.
• si l’exploitation agricole familiale reste d’abord l’exploitation de la famille par l’amont, l’aval, et les banques

Mais l’année internationale de l’agriculture familiale est aussi une opportunité pour :
• mettre en lumière les coûts réels –actuellement externalisés- de l’agriculture industrialisée,
• mettre en lumière la multifonctionnalité positive d’une agriculture familiale durable qui pourvoit nourriture, emplois, paysages et défend mieux l’environnement.
• mettre en question les règles actuelles du commerce international agricole, qui datent du siècle passé, et reconnaître, comme le dit l’Inde, que la boîte verte à l’OMC n’est qu’un blanchiment du dumping, qui contribue à la ruine de l’agriculture familiale ici et dans les pays tiers.
• mettre les institutions devant leurs responsabilités : vous voulez vraiment faire de l’agriculture familiale le cœur de la sécurité alimentaire ? Très bien, bravo, alors changez les règles, changez les politiques agricoles et commerciales actuelles. Les alternatives existent.
• arrêter l’accaparement des terres par les firmes et les banques en Europe Centrale et dans les pays du Sud, qui porte atteinte à l’agriculture familiale. En Europe un plafonnement significatif des paiements directs de la PAC, refusé dans la dernière réforme, y contribuerait.

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La décision des institutions internationales de faire de l’année 2014 l’année de l’agriculture familiale ressemble à un défi lancé à elles-mêmes et à l’opinion publique. Le fossé grandit en effet entre la prise de conscience du changement nécessaire de paradigme – y compris par les institutions- et les politiques qu’elles mettent en œuvre, enfermées encore dans un cadre idéologique dépassé du siècle précédent.
Le rapport international de l’IAASTD et plusieurs rapports de la FAO ont montré que la sécurité alimentaire sera mieux assurée par une agriculture paysanne durable familiale. Face au pouvoir économique et financier, pour qui l’agriculture familiale ne se mesure qu’en terme de compétitivité (internationale), pour qui le moyen et long terme n’existent pas et qui pourtant impose encore ses vues aux décideurs politiques élus, les citoyens et les institutions qui les représentent ont plus que leur mot à dire.

L’agriculture sera paysanne, familiale, durable ou ne sera plus qu’une industrie intégrée par l’amont et l’aval, exploitant une main d’œuvre ayant perdu autonomie et savoir-faire paysan.
Si l’année de l’agriculture familiale n’amorce pas un changement de priorités dans les politiques agricoles et commerciales, la fin annoncée des paysans sera plus probable que la fin de la faim.

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G.Choplin, décembre 2013

Pour sauver l’agriculture paysanne, changeons la PAC dès 2008 en une politique agricole légitime, juste, solidaire et durable,

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  • « Bilan de santé » : la Commission ne fait pas de diagnostic et se trompe de traitement
  • Les fermes se vident, la terre chauffe, la faim augmente: place à d’autres politiques !
  • Positions et propositions vis-à-vis du « bilan de santé »
  • Pour une politique agricole légitime, juste, solidaire et durable