Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

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Pour une nouvelle politique agricole et alimentaire européenne qui relèvera les défis de ce siècle: étude universitaire

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Le présent document est le produit de travaux menés en collaboration par des chercheurs en sciences sociales, spécialistes de politiques agricoles en activité dans plusieurs États
membres de l’Union Européenne.
Ces travaux ont été lancés par le « Mouvement européen pour la souveraineté alimentaire et une nouvelle PAC » (1), mais le contenu n’a été développé et approuvé que par des contributeurs et signataires du monde universitaire.

Coordonnateurs:
Jean-Marc Boussard, ancien directeur de rechercher à l’INRA, France
Aurélie Trouvé, maître de conférences à AgroSup Dijon, France,

Autres contributeurs (ordre alphabétique) :
Gilles Bazin, professeur à AgroParisTech, France (4ème Partie)
Jacques Berthelot, ancien maître de conférences à ENSAT, France (3ème Partie et Annexes 1 et 4)
Lucien Bourgeois, consultant, France (1ère et 4ème Parties)
Sophie Devienne, maître de conférences à AgroParisTech, France (Annexe 3)
Krzysztof Gorlach, professeur à l’Université Jagiellonian, Cracovie, Pologne (1ère et 2ème Partie)
Vicki Hird, consultant, Royaume-Uni (Annexe 2)
Stéphane Parmentier, consultant, Belgique (3ème Partie)
Paul Silcock, consultant, Royaume-Uni (1ère Partie)
Anna Witowska, consultante, Pologne (1ère Partie)
Greet Goverde-Lips, secretaire de Platform Aarde Boer Consument, Pays Bas, qui a facilité la mise en oeuvre et les traductions (h.goverde@chello.nl).

Premiers signataires du Résumé :
Niek Koning, Université de Wageningen, Pays Bas
Onno Poppinga, emeretieter Prof. des Fachgebiets Landnutzung und regionale Politik, Université de Kassel, Allemagne
Jean-François Sneessens, Université UCL, Belgique
Bruno Guermonprez Enseignant Politiques Agricoles, ISA, Lille, France.
Gerhart Hovorka Bundesanstält für Bergbauernfragen ;
Jean-Christophe Kroll Professeur dӎconomie, Agrosup, Dijon, France
Janice Jiggins, guest researcher, Communication and Innovation Studies, Wageningen University,Pays Bas.
Thierry Pouch Chercheur associé, Université de Reims, Champagne Ardennes, France.
Christian Mouchet, professeur d’économie rurale émérite, Agro campus Ouest, France
Jacques Marzin CIRAD, France

Le rejet du traité constitutionnel européen par la France et les Pays Bas : une ouverture pour changer l’orientation de la PAC !

 

Le rejet du traité est une chance pour les paysan(ne)s et les citoyen(ne)s d’Europe.

La CPE se réjouit que les peuples français et néerlandais aient rejeté le TCE. En France, la majorité de paysan(ne)s a voté NON. Les citoyens européens qui ont pu s’exprimer ont sanctionné les politiques néo-libérales de l’UE, qui font passer les marchés et les capitaux avant leurs attentes sociales et environnementales. La Politique Agricole Commune (PAC) en est une.

Aujourd’hui plus que jamais, la PAC doit changer de cap.

Oui, nous avons besoin  d’une Politique Agricole Commune avec :

  • des marchés régulés, des productions maîtrisées, des revenus agricoles liés à la production et attractifs pour le renouvellement de nombreuses exploitations paysannes, indispensables pour un monde rural vivant.
  • Plus de justice dans la répartition des soutiens publics agricoles.
  • Une volonté d’assurer la sécurité de l’approvisionnement alimentaire européen.

Oui, l’UE a besoin d’un budget agricole, qui prenne réellement en compte les attentes de la population et soutienne :

  • les exploitations et les régions les moins favorisées sur le plan agro-climatique ou structurel
  • la commercialisation régionale et locale des produits (pour renforcer l’économie rurale, améliorer la qualité pour le consommateur, et diminuer les transports ruineux pour l’environnement)

La CPE demande donc à l’Union Européenne de mettre dès maintenant en chantier une autre politique agricole, qui soit légitime sur les plans social, environnemental, et international.

La CPE appelle les citoyens européens à se mobiliser avant la conférence OMC de Hong-Kong, comme à Genève en juillet et en octobre pour :

  • arrêter cette négociation truquée,
  • que l’agriculture et les biens communs (eau, santé, éducation, etc.) soient sortis de l’OMC ,
  • proposer que les échanges internationaux soient régulés par une nouvelle instance fondée sur la souveraineté alimentaire

A quand un référendum sur l’OMC ?

 

Protéines végétales : L’Union Européenne peut résorber son déficit.

La CPE soutient la démarche des 6 gouvernements de l’UE au Conseil Agricole du 19 décembre, qui proposent de renforcer la production de protéines végétales dans l’UE.

L’alimentation animale est depuis 40 ans une question centrale de l’agriculture européenne et un enjeu majeur entre l’Union Européenne, les Etats-Unis, et des pays du Sud.

 La très forte dépendance de l’élevage intensif de l’UE vis à vis des importations , surtout en ce qui concerne les protéines végétales, ne date pas de la crise ESB; Cette dépendance a été instaurée depuis la PAC de 1962 (absence de  protection communautaire pour l’alimentation du bétail), et jamais corrigée depuis. Si bien que l’UE continue d’importer chaque année plus de 50 millions de tonnes d’aliments du bétail, ce qui n’est pas sans risque stratégique, ni sans risque pour la sûreté alimentaire (OGM, résidus,…).

Si l’UE a des excédents en produits animaux (produits laitiers, porc, bœuf, volaille, œufs) et en céréales, cela est très grande partie dû à ces importations : l’UE est devenue une usine de transformation d’intrants importés (aliments, énergie, engrais,…), qui clame ensuite sa vocation exportatrice !……….

Pour qui donc roule l’actuel Commissaire Européen à l’agriculture? Celui-ci s’accroche fermement à la dépendance européenne, qui profite à l’industrie et au commerce international des aliments du bétail. L’élevage industriel, favorisé par la situation actuelle, est-il donc le modèle agricole européen multi-fonctionnel prôné par  Mr Fischler ?

Comment reconquérir le déficit européen en protéines végétales ?

  • A court terme et dans le cadre de la PAC actuelle, l’UE doit :
  • autoriser la culture d’oléo-protéagineux sur les surfaces en « gel » de terres,
  • supprimer la baisse prévue par l’agenda 2000 pour la prime oléagineux,
  • développer des mesures incitatives à la culture d’oléo-protéagineux (prime incitative, rotation obligatoire des cultures pour bénéficier de la prime céréales, ……).
  • A moyen terme, c’est l’accord de Blair House et l’abscence de préférence communautaire sur les aliments du bétail qu’il faut remettre en cause (avec les USA et à l’OMC), en échange de l’abandon généralisé des aides à l’exportation. L’UE ne doit pas exporter à partir d’intrants importés, mais peut exporter des produits à haute valeur ajoutée issus des sols européens.

La CPE demande à la Commission et au Conseil d’informer l’opinion publique sur les enjeux actuels liés à ce thème historique et stratégique (ce qui n’est pas fait actuellement) et de placer le thème de l’alimentation du bétail au cœur de leurs réflexions/décisions sur la PAC et l’OMC.