Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

CPE-COAG

Derrière la « simplification », la stratégie de la Commission Européenne est de supprimer  les outils de régulation des marchés.

Ces 3 et 4 octobre, la Commission Européenne a présenté sa proposition de fusionner toutes les organisations communes de marché (OCM) en une seule. Parmi les arguments avancés figurent la réduction des coûts bureaucratiques pour les gestionnaires de l’agriculture et la volonté de rendre la PAC compréhensible et acceptable par les consommateurs.

La CPE et la COAG ne sont pas contre un allègement de la bureaucratie pour les agriculteurs. Mais l’agriculture n’est pas une activité standardisée. Sur le plan technique et juridique, nous comprenons mal comment les spécificités de chaque production pourront être prises en compte par une seule OCM.

En ouverture de la conférence, les Commissaires Fischer Boel et Verheugen, ont présenté la simplification comme un nouveau pas à franchir pour que l’industrie agro-alimentaire européenne gagne en compétitivité. Ils ont évoqué la nécessité de faire disparaître les exceptions nationales au découplage total et les quotas laitiers. Nous sommes en total désaccord avec cette stratégie, car sous couvert de simplification, la Commission propose en réalité la suppression des outils de gestion des marchés agricoles.

L’objectif est de faire disparaître les dernières entraves au rapprochement entre nos prix intérieurs et les prix mondiaux pour favoriser les exportations agro-alimentaires. La simplification signifie le désengagement progressif des politiques de soutien à l’agriculture, laissant ainsi le champ « libre » aux mécanismes pervers du type assurances revenu. Aucune garantie pour le maintien de l’agriculture dans les zones les plus défavorisées n’est donnée.

Au moment où les négociations du cycle de Doha ont échoué, il faut à l’inverse affirmer l’importance de la régulation des marchés. Pour que les paysans puissent vivre de leur métier, il faut associer des prix couvrant les coûts de production et des mécanismes de gestion de l’offre.

On ne rapprochera pas les consommateurs de la PAC, en leur parlant « d’OCM unique ». La légitimité de la PAC ne se gagnera qu’au travers de sa profonde réorientation, d’une meilleure répartition des paiements directs et de leurs conditionnements à l’emploi, à la production d’aliments sains et au respect de l’environnement et des territoires.

S’il est nécessaire de réduire la bureaucratie de la PAC, cela ne doit en aucun cas être une nouvelle occasion pour la vider de son contenu régulateur.

 

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