Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

COMMUNIQUE DE PRESSE        

 Grippe aviaire :

Ne mettons pas tous nos œufs dans le panier de l’aviculture industrielle !

La grippe aviaire partie des élevages industriels va-t-elle détruire ce qu’il nous reste de l’aviculture paysanne en Europe ?

Les premières formes très pathogènes du virus H5N1 sont apparues dans des élevages hyper industriels d’Asie. Le transport par bateau ou avion d’oisillons en provenance de ces élevages intensifs infectés a ensuite contaminé d’autres pays. Dans un rapport récent[1], l’ONG Grain dénonce ces échanges de poussins, légaux ou illégaux, comme étant le principal vecteur de prolifération du virus. A l’heure où tous les projecteurs sont braqués sur les oiseaux migrateurs, nous tenons à rappeler qu’à l’origine ce sont les animaux domestiques, élevés dans des conditions concentrationnaires, qui ont contaminé la faune sauvage et non l’inverse.

Le confinement décrété comme mesure de sécurité sanitaire pénalise avant tout les élevages de plein air et n’apporte aucune solution de long terme. La concentration des animaux et l’homogénéisation des races imposées par les industriels de la volaille créent un terreau bien plus favorable à une propagation rapide du virus que les élevages fermiers de petite taille. Dispersés dans l’espace, ayant recours à une grande diversité génétique et des parcours de plein air, ces derniers produisent des volailles beaucoup plus solides et résistantes que celles des élevages industriels. La CPE demande que ces petits élevages soient soutenus puis qu’ils vont être les premières victimes de la crise.

Aujourd’hui, certains Etats Membres proposent de détruire des stocks de viande de volaille saine en vue de réguler l’offre. Certes, le recul conjoncturel de la consommation en Europe pénalise les producteurs. Mais les plus gros industriels ont déjà une part de leur activité délocalisée au Brésil. Ils n’attendent qu’une chose : la destruction par l’Union Européenne de ses stocks pour qu’ils puissent réapprovisionner le marché européen à partir de leurs élevages intensifs brésiliens. Tant qu’une clause de sauvegarde à l’encontre des importations de volailles industrielles en provenance du Brésil ne sera pas activée, ces mesures de destruction serviront essentiellement les multinationales du secteur avicole. La régulation de l’offre doit se faire par une limitation immédiate des importations en provenance des élevages de volailles industriels et une dés-intensification du secteur avicole en Europe vers une production de volaille de qualité.

Les organisations paysannes de la CPE demandent aux Etats Membres de ne pas se tromper de cible en mettant en place des aides qui bénéficieront essentiellement à la filière industrielle. L’Union Européenne doit d’abord soutenir l’agriculture paysanne, déjà suffisamment menacée. L’agriculture a en charge de nourrir la population. C’est une activité beaucoup trop fragile pour être livrée aux règles actuelles du commerce international.

[1] Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire, février 2006. www.grain.org

 

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