Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d’Afrique de l’Ouest)

CPE (Coordination Paysanne Européenne)

CBB (Confédération des Betteraviers Belges)

FWA (Fédération Wallonne de l’Agriculture), Belgique

 COAG (Coordinadora de Agricultores y Ganaderos), Espagne

Communiqué de presse conjoint,                                   Bruxelles, 1er décembre 2005

Paysans africains et européens disent non aux Accords de « Partenariat » Economique (APE)  entre UE et pays ACP, comme ils disent non à un accord OMC à  Hong-Kong. Ces accords procèdent d’une même démarche défavorable à l’agriculture familiale et au développement  durable.

Accords APE

Nous rappelons que l’intégration européenne a été basée, entre autres, sur l’agriculture  et la préférence communautaire. Cette stratégie devrait être appliquée à l’Afrique de l’Ouest et aux autres pays ACP. Or les accords APE que l’UE  propose aux pays ACP et qu’elle veut rendre « OMC compatible », loin de s’appuyer sur un partenariat économique et l’intégration régionale, sont basés sur le « libre »-échange.

Un tel accord ne manquerait point de nuire à l’agriculture familiale africaine dans la mesure où il mettrait en concurrence les productions agricoles d’Afrique et celles importées à bas prix  de l’UE, parce qu’insuffisamment voire pas du tout taxées aux frontières. Il ne peut y avoir d’échange juste qu’entre des économies, des compétitivités, comparables.

L’avenir de plusieurs productions et de millions de familles de producteurs serait ainsi compromis, car déjà les politiques commerciales actuelles, sans APE, mettent en péril l’aviculture locale, la viande bovine, les céréales, le lait, etc… L’UE, à l’instar des autres pays agroexportateurs, continue en effet ses exportations au bas prix mondial, tandis que les programmes d’ajustement structurel, imposés par le FMI, ont réduit inconsidérément les protections douanières des pays africains.

Ces familles de producteurs ruinés ne pourraient trouver de revenus dans d’autres secteurs car, en Afrique de l’Ouest, les autres secteurs économiques et notamment le secteur industriel ne disposent point de possibilités d’absorption de main-d’œuvre.

Considérant que le secteur agricole ouest-africain offre à plus de 80% des ruraux les emplois et les revenus et que le secteur agricole est également une base d’entraînement de la croissance des autres secteurs économiques, les organisations de producteurs réaffirment le rôle primordial que joue l’agriculture familiale, base de l’agriculture de la Région, comme moteur de l’économie, principale source de sécurité alimentaire de la population et de lutte contre la pauvreté rurale.

En outre, les organisations de producteurs signataires constatent les difficultés qu’on les gouvernements des pays de l’Afrique de l’Ouest à défendre leurs positions face à l’unicité de la Commission européenne, dirigée par la DG Trade. Ces gouvernements sont également fortement dépendants des financements de l’Union européenne, qui est le principal donateur de l’aide au développement, ce qui réduit substantiellement leur pouvoir de négociation. Ces conditions de négociations ne nous paraissent ni efficaces ni équitables.

C’est donc, fortes de tout ce qui précède, que les organisations de producteurs d’Afrique de l’Ouest et de l’Union européenne, sont convaincues que les résultats des négociations sur les APE donneront lieu à un accord qui sera défavorable à l’agriculture familiale si des mesures correctives et fortes ne sont pas prises.

OMC 

Bien que l’OMC n’ait jamais procédé à  l’évaluation des résultats de l’accord de Marrakech, elle impose partout une libéralisation totale des échanges tout en tolérant un système d’aides directes compensatoires que la plupart des pays ne peuvent s’offrir et qui ont également des effets de distorsions  à l’exportation. Or une évaluation des effets de cette libéralisation montrerait d’une part que cette libéralisation plonge l’agriculture familiale dans la crise et la pauvreté et que d’autre part, ce sont surtout les firmes transnationales qui ont profité des nouvelles règles à l’OMC.

L’agriculture familiale africaine comme celle de l’Union Européenne ont tout à perdre d’un tel système.

Les organisations agricoles signataires d’Afrique et d’Europe demandent  la refonte de leurs politiques agricoles, des accords économiques  et des règles du commerce international à partir des priorités suivantes :

–    priorité à l’intégration régionale par  rapport au commerce international ;

–    priorité à l’approvisionnement alimentaire interne par rapport à l’exportation ;

–    interdiction d’utiliser le soutien interne pour exporter à des prix en dessous des coûts de production ;

–   droit à la protection du marché interne vis-à-vis d’importations à bas prix

–    gestion de l’offre au niveau interne et au niveau international.

Plus spécifiquement pour la négociation sur les APE, nous demandons  que l’examen  des négociations à mi-parcours prenne effectivement en compte les études d’impacts et l’opinion de la société civile, en reconnaissant le rôle de première ligne des organisations de producteurs.

Nous appelons les gouvernements des pays ACP et du G90 à résister aux multiples pressions de l’UE, des USA, du G4, à s’opposer aux accords APE et à l’accord OMC à Hong Kong et à mettre en avant les priorités ci-dessus.

 

 

 

 

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