Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

Suite au séminaire européen organisé en mars dernier sur l’avenir de la politique laitière européenne, la CPE publie la position suivante :

L’Union Européenne doit décider en 2003 du futur de la politique laitière et se prononcer en particulier sur l’avenir des quotas laitiers.

Pour la CPE, la maîtrise de la production doit être un des axes essentiels de la PAC. Elle est une des conditions nécessaires pour :

  • avoir un prix du lait rémunérateur,
  • maintenir une production dans de nombreuses régions, avec des producteurs nombreux,
  • ne pas faire de dumping vers les pays tiers avec des excédents,
  • maintenir et développer des modes de production durables, économes en intrants.

La CPE s’oppose donc au démantèlement des quotas laitiers proposé par un certain nombre de gouvernements et l’industrie laitière: leur objectif affiché est la baisse du prix du lait à la production.

Il s’agit ici d’un enjeu très important du débat sur la future PAC, car le lait est l’un des rares secteurs à avoir échappé à la dérégulation mise en oeuvre par l’Union Européenne depuis 10 ans et il garde une image positive auprès des consommateurs, cette production n’étant pas aussi industrialisée et hors-sol que les productions avicoles, porcines et même bovines.

S’il doit y avoir débat sur les instruments de maîtrise de la production (la CPE n’est pas satisfaite des modes actuels de répartition et de gestion des quotas laitiers), on ne peut  mettre en cause la nécessité de maîtriser la production sans mettre en cause l’existence d’une production laitière paysanne, répartie dans de nombreuses exploitations et régions.

La CPE demande au Conseil Agricole de l’UE de renoncer à l’augmentation des quotas en 2005 prévue par l’agenda 2000 : l’UE est excédentaire en lait et il n’y a aucune raison (sauf celle de l’industrie de baisser le prix) pour augmenter encore sa production et ce serait déjà s’engager vers un abandon de la maîtrise. La CPE dénonce l’utilisation des aides publiques au service d’une politique d’exportation agressive sur un marché de dumping.

La part du budget du FEOGA consacré au lait est en diminution constante depuis 10 ans, avec moins de 3 milliards d’EUR , alors que les 2 secteurs des cultures arables et de la viande bovine, où le choix a été fait de la baisse des prix à la production, consomment 25 milliards.

La politique de baisse des prix coûte très cher au contribuable européen, sans profiter  au consommateur : elle représente en fait un financement de l’industrie et de la grande distribution, qui achètent à bas prix et , grâce à leur hyper-concentration, décident du prix de vente au consommateur. Des prix rémunérateurs sont vitaux pour maintenir un grand nombre de producteurs mais certaines laiteries on tout misé sur des produits d’intervention (beurre, poudre de lait). Il leur faut d’urgence reconquérir de la valeur ajoutée.

La CPE demande l’interdiction des primes de quantité attribuées couramment par les laiteries aux plus gros producteurs, ce qui favorise la concentration de la production .

Les quotas laitiers ne doivent avoir aucune valeur marchande, comme nous le demandons depuis 1984, et comme nous avons réussi à l’imposer en France. Ils n’ont pas été achetés en 1984 : on ne doit donc pas pouvoir les vendre. Le marché des quotas qui s’est instauré dans la plupart des Etats Membres ne fait qu’accélérer la disparition des petits producteurs.

L’UE ne peut en même temps vanter le modèle européen d’exploitation familiale et sa multifonctionalité et laisser à l’œuvre tous les instruments qui la détruisent.

L’UE  doit stopper le processus d’industrialisation de la production laitière, à l’origine du scandale de l’ESB. Il faut une production laitière  à base de fourrages locaux, avec des vaches pouvant s’alimenter en pâturant , partout où les conditions agro-climatiques le permettent.

La PAC doit donc cesser d’avantager une alimentation « turbo » (bas prix des céréales, importations sans taxe d’aliments du bétail très riches en protéines,..) et mettre à égalité de traitement les différents types de fourrages en instaurant une prime fourragère unique  (herbe, maïs ensilage, luzerne, betterave, choux, etc…..). Il est par exemple prouvé économiquement que, dans certaines régions,  les producteurs ont un meilleur revenu , avec un environnement mieux respecté, et des coûts de production moins élevés, lorsqu’on remplace la culture de maïs-ensilage + achat de soja  par une culture mixte herbe-légumineuse.

La CPE appelle tous les producteurs et les organisations qui défendent la maîtrise de la production laitière à se mobiliser cette année pour empêcher son abandon et défendre une production laitière paysanne

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