Politiques agricoles, commerce international, souveraineté alimentaire, sécurité alimentaire, ,…: un blog de Gérard Choplin

« C’est le plus mauvais accord que l’on pouvait attendre. Il s’agit d’un accord néo-colonial. Doha n’a pas tenu compte de Seattle. C’est un accord porteur de conflit ». *

Un contexte de négociation choquant et inacceptable

Alors que la CPE/Via Campesina et beaucoup d’autres acteurs se sont volontairement abstenus de demander le report de la conférence de Doha après les événements du 11 septembre, l’UE et les USA n’ont pas hésité à utiliser cyniquement la situation et leur position stratégique dominante, pour forcer les pays du Sud à accepter (à reculons) un nouveau round.

Le fait que le sommet FAO qui devait précéder la conférence OMC de quelques jours, ait été reporté, mais pas la conférence de Doha, le fait que la délégation européenne ait voyagé dans un avion militaire, en disent long sur la volonté des deux grandes puissances d’arracher un round coûte que coûte, quitte à négocier « comme sur un porte-avions posé sur le sable »*

La méthode de négociation des « green rooms » et « green men » n’a rien retenu des leçons de Seattle. Et le Commissaire Fischler (communiqué du 14/11) va jusqu’à oser dire que « les pays développés et en développement ont opté pour le commerce à la place du terrorisme » !………….

Le refus de faire le bilan des accords de Marrakech

Alors que la CNUCED et la FAO, instances de l’ONU, ont montré que le fossé s’était creusé entre pays du Nord et pays du Sud, l’OMC a refusé de faire le bilan des conséquences de l’accord OMC de Marrakech (1994). L’accord de Doha va creuser davantage encore ce fossé, va augmenter davantage la misère, porteuse de nombreux risques aussi pour le Nord.

L’UE, isolée par sa position contradictoire en agriculture, ruine l’avenir de l’agriculture paysanne multifonctionnelle

La CPE avait expliqué avant Doha à l’UE qu’elle ne pouvait en même temps continuer à pratiquer le dumping (aides à l’exportation et  prix agricoles bas + aides directes) et défendre des considérations non commerciales. L’UE s’est trompée de bataille en refusant d’abandonner les aides à l’exportation. La base de négociation agréée à Doha est celle refusée à Seattle. Si celle-ci est confirmée dans la négociation, l’agriculture paysanne et  multi-fonctionnelle, que l’UE prétend défendre, sera éliminée en Europe et ailleurs.

La CPE appelle les paysans et la société civile à se mobiliser pour une autre PAC et d’autres règles commerciales internationales sans dumping, basées sur la souveraineté alimentaire.

Les négociations vont commencer : rien n’est encore joué et les paysans européens de la CPE sauront agir et proposer à l’Union Européenne (voir texte du 5 octobre et autres sur www.cpefarmers.org)  une voie plus cohérente, plus solidaire et moins isolée vis à vis des pays du Sud.

* José Bové, représentant à Doha de Via Campesina/Coordination Paysanne Européenne/ Confédération Paysanne

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